Le casting, ça lance moins loin que le spinning, en tout cas pour les leurres légers. Tout le monde s’accorde à le dire, et vous le lirez dans tous les forums à chaque fois que le sujet est abordé. Malheur à vous si dans votre expérience la différence n’est pas si flagrante et que vous osez remettre en question cette vérité gravée dans le marbre.
Je n’ai aucunement l’intention de revenir sur des considérations bassement matérielles telles que l’obligation d’utiliser une canne vraiment bien adaptée au type de leurre que l’on souhaite propulser, ou l’importance de réglages précis des freins de friction et d’emballement sur les moulinets casting. À plusieurs reprises, au vu des distances de lancer que j’estimais obtenir en casting, je me suis demandé si la différence entre casting et spinning était réellement significative. Voici une série de tests que je me suis donné le mal de réaliser sur trois matinées, par seulement 3°C, et par pur esprit de contradiction…
Protocole et méthodologie
Cannes et moulinets
J’ai utilisé les deux seules cannes casting en ma possession, et deux des trois moulinets que j’utilise en fonction des conditions. J’ai également réalisé des séries de lancers avec ma canne spinning habituelle en rivière, une Illicium Team 2m40 bien nerveuse. Pour les cannes casting, la Savage Gear 2m06 est une “trique” que j’utilise principalement pour les spinnerbaits. La Devil 2m40 est une “nouille” semi-parabolique en composite assez molle et premier prix. Aucune de ces deux cannes n’est idéale pour lancer des crankbaits de 15 grammes, mais ces tests me serviront dans le futur, lorsque j’aurai flambé pour une “bonne” canne casting MH, afin de vérifier le bien-fondé de mon acquisition.
Préparation des moulinets casting
Le Shimano Caenan ne comporte que des pièces d’origine. Il a cependant été ouvert, nettoyé (car bien encrassé après seulement quelques mois d’utilisation régulière), et huilé. Le Quantum Smoke est mon nouveau jouet, et lui, par contre, a été modifié en remplaçant les roulements bobine d’origine par des roulements Boca en céramique ABEC 7 (ce qui se fait de mieux). Il a également été ouvert et huilé avant les tests. Sur les deux moulinets, la tresse a été dévidée puis à nouveau bobinée bien serrée et régulière, avec un remplissage à 2 millimètres du bord.
Préparation du matériel spinning
Rien, nada, que dalle. J’ai juste ressorti ce matériel de la cave, où il coulait des jours heureux depuis que je n’utilise plus que du casting. Inutile de préciser que j’ai immédiatement trouvé l’ensemble lourd et encombrant, mais là je m’écarte du sujet…
Conditions des tests
Je me suis rendu sur les bords de la Moselle en un endroit bien dégagé pour réaliser au moins 30 lancers avec chaque combinaison canne/moulinet casting et pour chaque leurre. Il y avait un petit vent de travers, juste assez fort pour le sentir sur la joue, pour faire trembler les feuilles mortes dans les arbres et agiter la végétation au sol. Rien de très méchant, mais finalement assez de vent quand même pour faire effectuer une belle courbe à la tresse lors des lancers et donc diminuer les distances obtenues. Tous les lancers ont été réalisés par dessus l’épaule, perpendiculairement à la berge, ni contre le vent, ni sous le vent. Les distances mentionnées sont les meilleures, obtenues au moins 10 fois sur les 30 lancers. Pas de record, donc, juste des distances pouvant facilement être obtenues de façon répétée et régulière sans forcer (voir Résultats et Discussion).
Estimation des distances
Cette série de tests n’a pas pour vocation de “prouver” des distances de lancer. Tout au plus elle permet de comparer entre eux des résultats obtenus de façon similaire. Pour être honnête, les distances mesurées ne sont que celles de la récupération de la ligne, en comptant les tours de manivelle et en multipliant par le ratio et le diamètre de la bobine (moins les deux millimètres de marge) x 3,14. J’ai commencé à compter les tours dès que la ligne était tendue, après avoir récupéré le mou causé par le vent, et j’ai arrêté de compter dès que le leurre arrivait à la verticale sous le scion (il y a donc en moyenne 2 mètres de bannière non comptés dans la distance de ligne récupérée). Ces distances sont donc celles parcourues par les leurres sous l’eau plutôt que celles qui pourraient être mesurées en ligne droite, par exemple sur un terrain de foot ou dans un champ. J’essaierai de réaliser ce genre de tests à l’avenir, pour comparer les résultats obtenus à ceux que je vous présente aujourd’hui. L’intérêt, cependant, c’est de pouvoir comparer les distances obtenues en fonction des cannes, des moulinets, des leurres, et surtout de comparer aux lancers effectués en spinning.
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Canne Savage Gear Moulinet Quantum Tresse SpiderWire Mascle Deep 2.5+ 32 m |
Canne Savage Gear Moulinet Quantum Tresse SpiderWire Moonsault CB350 28 m |
Canne Savage Gear Moulinet Quantum Tresse SpiderWire Deep-X 200 28 m |
Canne Savage Gear Moulinet Quantum Tresse SpiderWire Mascle Deep 4+ 32 m |
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Canne Abu Garcia Moulinet Quantum Tresse SpiderWire Mascle Deep 2.5+ 29 m |
Canne Abu Garcia Moulinet Quantum Tresse SpiderWire Moonsault CB350 26 m |
Canne Abu Garcia Moulinet Quantum Tresse SpiderWire Deep-X 200 24 m |
Canne Abu Garcia Moulinet Quantum Tresse SpiderWire Mascle Deep 4+ 29 m |
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Canne Abu Garcia Moulinet Shimano Tresse TUF-Line XP Mascle Deep 2.5+ 34 m |
Canne Abu Garcia Moulinet Shimano Tresse TUF-Line XP Moonsault CB350 27 m |
Canne Abu Garcia Moulinet Shimano Tresse TUF-Line XP Deep-X 200 26 m |
Canne Abu Garcia Moulinet Shimano Tresse TUF-Line XP Mascle Deep 4+ 31 m |
Résultats et discussion
Contre toute attente, c’est la Butch Light de seulement 2 mètres qui s’est avérée la meilleure lanceuse, grâce à son action de pointe. La Devil de 2m40 est décidément trop molle, du coup sa longueur n’apporte rien, surtout dans cette gamme de poids de leurres. Je l’utilise par contre avec beaucoup de satisfaction avec des petits cranks de 10 ou 12 grammes que la Butch Light a de toute façon du mal à envoyer. Pour être complet j’aurais dû réaliser une série avec la Butch light montée avec le Shimano Caenan, mais le froid a eu raison de mes bonnes résolutions.
Au niveau des moulinets, le Shimano Caenan reste actuellement le meilleur lanceur des deux pour les cranks de 15 à 20 grammes, mais uniquement grâce à son système anti-emballement. Je n’ai forcé aucun lancer et ai utilisé des réglages de frein très conservateurs, de façon à pouvoir lancer sans jamais devoir freiner la bobine avec le pouce. Je n’ai eu aucune perruque, mais le Quantum Smoke était très clairement bridé. Son réglage de frein est beaucoup plus minutieux que celui d’un Shimano, et je n’y suis pas encore bien habitué, surtout avec des roulements de compète. Sans rire, ils tournent tellement vite que c’est impressionnant et ça force à régler les freins au taquet.
Vivement que je me trouve une vraie bonne canne casting 7-28g en 2m40 ou 2m20, soit fast soit regular-fast… Je suis persuadé de pouvoir lancer à des distances assez inattendues, en tout cas avec une différence négligeable par rapport à un équivalent spinning avec ce type de leurres.
Comparatif spinning
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Canne Caperlan Moulinet Mitchell Tresse Power Pro Mascle Deep 2.5+ 33 m |
Canne Caperlan Moulinet Mitchell Tresse Power Pro Moonsault CB350 30 m |
Canne Caperlan Moulinet Mitchell Tresse Power Pro Deep-X 200 26 m |
Canne Caperlan Moulinet Mitchell Tresse Power Pro Mascle Deep 4+ 36 m |
Résultats spinning
J’ai comme un doute quand même… Je n’étais pas en forme, ou bien j’ai perdu l’habitude de lancer en spinning ? Et si, au final, j’avais tout simplement pris l’habitude de surestimer de beaucoup les distances que j’obtenais, par le passé, avec ce matériel ?… En me lançant dans ces séries de test, j’étais persuadé (de mémoire) de pouvoir lancer certains de ces leurres à au moins 40 mètres en spinning, en particulier le Mascle Deep de 21 grammes. Au final, les distances mesurées en récupération sont vraiment très proches entre spinning et casting, même avec du matériel plus ou moins adapté.
Conclusion
J’ai lu un jour un témoignage, sur un forum, qui quantifiait à 10-15% la “perte” de distance en casting comparé au spinning. C’est à peu près ce que j’ai constaté également, à la différence près que le matériel, et en particulier la canne, ou plus exactement son action, fait lui-même ce genre de différence. Le volume et la densité d’un leurre, à masse égale, peuvent également faire “perdre” ou “gagner” environ 10% de distance.
Encore une fois, je le répète, je n’ai pas cherché à lancer le plus loin possible en casting. En desserant les freins il est très certainement possible d’envoyer plus loin. Ce que j’ai mesuré, ou calculé, ce sont des distances sur des lancers “normaux”, pas trop appuyés, et des distances obtenues pratiquement à chaque lancer (il y a eu assez peu de variations, en fait). En résumé, des distances obtenues sur des lancers qu’on peut répéter indéfiniment sans jamais se soucier de freiner la bobine au pouce, tout étant réglé par les freins en fonction du poids du leurre mais aussi de son volume. Car contrairement au Shimano Caenan dont le réglage à 2 masselottes sur 6 n’a pas dû être modifié à chaque fois que je changeais de leurre, le système de freinage du Quantum Smoke est plus sensible et doit être modifié pour chaque leurre. Le Deep-X 200, en particulier, m’a obligé à serrer nettement plus que les autres cranks de poids similaire.
Euh… Et à part çà, ça mord bien aux tests ? Ben non, sur les trois matinées je n’ai touché que deux perches, une première décrochée pour cause de canne trop raide, et la seconde, une pauvre pitchounette de moins de 20 cm, est repartie immédiatement à l’eau. Faires les séries de lancer en comptant les tours c’est déjà long, alors mouliner au ralenti, j’ai pas eu le courage…
Les gants sur les photos, c’est pas pour faire joli. Avec seulement 3°C le matin, tenir un moulinet ou une canne pendant plus d’une heure n’est vraiment pas agréable. Je suis rentré à chaque fois avec les pieds gelés, et pas vraiment envie d’y retourner le lendemain. Je crois bien que les tests en distance droite vont attendre qu’il fasse un peu plus chaud.
Comme d’habitude, si vous avez des questions ou souhaitez commenter cet article, ne vous privez pas. Je vous invite d’ailleurs à réaliser vous-même ce genre de tests et à en publier les résultats.















Super test qui me confirme ce que j’avais remarqué pour la plupart des leurres mais qui me semblait bizarre étant donné le dogme en cours sur les distances spinning casting.
Merci d’avoir démontré que ce n’est pas forcément très vrai ou très flagrant.
A bientôt
Par esoxiste le 15 novembre 2011
à 6:03